Dans le cadre de la Semaine Mondiale de l’Allaitement Maternel (SMAM) qui se déroulera cette année du 12 au 18 octobre 2026 (un rendez-vous qui prend place chaque 42e semaine de l’année en référence aux 42 semaines d’aménorrhée), nous avons voulu faire mettre en lumière les personnalités qui ont œuvré en faveur de l’allaitement maternel et l’importance de sa place dans nos sociétés.
L’allaitement, parlons-en !
La Semaine Mondiale de l’Allaitement Maternel a été lancée en 1992 par l'Alliance mondiale pour l’allaitement maternel en partenariat avec l’OMS et l’UNICEF. Célébrée à l’échelle mondiale à différents moments, en France, c’est en octobre que la campagne de sensibilisation a lieu. Le but ? Normaliser l’allaitement, informer sur les bienfaits du lait maternel, encourager la pratique et réduire les inégalités.
C’est l’occasion de souligner que derrière un procédé ancestral, il reste encore un peu de chemin à faire pour arriver jusqu’à la banalisation. A l’occasion de la SMAM 2026, chez Popote on voudrait rendre hommage à ces figures importantes qui ont lutté ou œuvrent encore en faveur de l’allaitement.
Elles resteront dans l’histoire :
- Mary White et Marian Tompson
Ces deux grandes dames américaines avaient pour habitude de dire que la Leche League était née d’un simple pique-nique. Et c’est un peu vrai, puisque l’origine de cette organisation internationale qui soutient l’allaitement à travers le monde, réside littéralement à travers ces deux femmes, allaitant leurs nouveaux-nés sous un arbre, lors d’un pique-nique paroissial. Nous sommes dans les années 50 et cette scène n’a rien de banal à l’époque. Tant et si bien qu’elles sont interpellées par de nombreuses mères qui viennent se confier et notamment leur désir d’allaiter « mais… » Il y avait toujours un “mais” car elles n’y arrivaient pas. Mary et Marian se rendent compte que malgré les tentatives d’allaitements, les femmes sont mal informées et non soutenues. Elles décident alors de se rencontrer entre femmes, puis par le bouche à oreille, elles sont finalement 7 femmes à tenir la première réunion officielle de la Leche League le 17 octobre 1956. Petit à petit, de cette petite association sans but précis, le mouvement pris de l’ampleur, se structura jusqu’à devenir cette gigantesque organisation telle qu’on la connaît aujourd’hui.
D’ailleurs savez-vous d’où vient le nom Leche League ?
Lorsque les 7 fondatrices cherchent un nom à l’association, il faut savoir qu’en anglais allaiter se dit « breastfeed » or le mot « breast » soit poitrine en français était considéré comme tabou puisqu’il rappelle le sein utilisé pour nourrir. Le mot « Leche » quant à lui vient de l’espagnol et il fut choisi en l’honneur des immigrants espagnols venus en Amérique et qui accordaient une grande importance à l’allaitement.
- Claude Didierjean-Jouveau
Voici une autre grande figure de l’histoire contemporaine de l’allaitement. Autrice, rédactrice en chef de la revue « Allaiter aujourd’hui ! » et porte-parole de la Leche League, elle ne cesse de documenter l’allaitement sous toutes ses formes. Son rôle : informer, soutenir, encourager la pratique bien sûr, mais Claude Didierjean-Jouveau va plus loin encore dans ses ouvrages, allant jusqu’à explorer les bienfaits de l’allaitement, ses pouvoirs. En 2025, elle poste une étude sur le lait ultra détaillé et disponible en ligne à cette adresse (https://www.claude-didierjean-jouveau.fr/wp-content/uploads/2025/12/allaitement-quoi-de-neuf.pdf) C’est un document précieux car il témoigne de la composition du lait maternel, de son côté antibactérien, le microbiote, contre l’érythème fessier, l’impact sur la santé de l’enfant et de la mère. Un document fascinant et précieux !
- Edwige Antier
Proche de Claude Didierjean-Jouveau, Edwige Antier est pédiatre et son combat toute sa vie est celui du bien-être des enfants et spécifiquement des bébés. Autrice de nombreux ouvrages comme « Maman de tous les enfants du monde » mais aussi de « Mémoires d’un nouveau-né », « Mon bébé dort bien » par exemple, elle prône l’allaitement et pour cela démocratise la pratique depuis des décennies.
- Amy Brown
Professeur britannique, experte en Santé publique, Amy Brown a publié un livre intitulé « Why Breastfeeding grief and trauma matters » dans lequel elle revient sur une enquête auprès de 2000 femmes qui souhaitaient allaiter mais qui n’ont pas pu mener leur projet à terme et qui garde une tristesse, un regret et un sentiment d’échec. Amy Brown a fait grand bruit et pour cause, elle compare l’allaitement à la fonction érectile masculine en défendant l’idée que l’allaitement est instinctif et pas seulement nutritif. Ce livre est résolument féministe, hélas non traduit en français pour le moment et c’est dommage car que l’on soit curieux.se ou professionnel de santé, c’est un livre d’utilité publique !
- Kathleen Kendall-Tackett
Ici, l’autrice Kathleen Kendall-Tackett publie un livre intitulé « Breastfeeding doesn’t need to suck » que l’on pourrait traduire par « L’allaitement n’est pas obligatoirement une galère » en gros. Écrit par une psychologue et une conseillère en lactation, ce livre met en avant les pouvoirs de l’allaitement pour diminuer les mécanismes de stress psychologique. Elle parle du rôle de l’ocytocine, des bénéfices sur l’inflammation liée au stress, sur le sommeil également, en démontrant que les femmes qui allaitent la nuit forment plus et ont moins de syndromes de dépression. On y évoque la santé mentale des mères, les émotions, bref un ouvrage super important.
- Les sportives de haut niveau
Impossible de ne pas penser à Clarisse Agbégnénou qui a remporté son 6e titre mondial en 2023 en allaitant exclusivement sa fille depuis 11 mois. Mais les sportives de haut niveau qui concilient allaitement et entraînement sont de plus en plus nombreuses, et ça c’est un message très fort pour les femmes. Non culpabilisant, juste très puissant. On peut également citer Valériane Vukosavljevic championne internationale de basket ainsi que Isabelle Yacoubou et enfin Manon Genest spécialiste de para-athlétisme de saut en longueur mais la liste est longue.
- Le collectif « J’ai faim je mange »
Fondé par une photographe bordelaise, le collectif « J’ai faim, je mange » a pour objectif de normaliser le fait de nourrir son enfant dans l’espace public que ce soit au sein ou au biberon. Car dans l'actualité, il n’est pas rare de voir des cas où des mamans se font verbaliser parce qu’elles allaitent en public. Avec ce mouvement, devenu viral sur les réseaux sociaux, tous les membres sont réunis pour en finir avec les jugements, les critiques, les remarques intrusives, les discriminations, les expulsions etc. Bref, c’est beau quand un élan collectif prend et encore plus quand il peut faire bouger les choses. Le collectif a lancé une pétition demandant la création d’un délit d’entrave à l’allaitement. Une mesure pour sanctionner toute personne et/ou établissement qui intimide, humilie ou empêche une mère de nourrir son enfant au sein dans un lieu public. Lait’s go!
- Laura Domenge
Chroniqueuse, autrice, humoriste, stand-uppeuse, Laura Domenge est ultra suivie sur les réseaux sociaux comme dans les médias. Ce n’est donc pas rien lorsqu’on arrive dans une émission de télé (Le Mag de la Santé sur France 5) avec son tire-lait et en l’activant. Ce geste est fort car il est militant et politique. En tirant son lait sur un plateau, Laura Domenge souhaite dénoncer les tabous autour de l'allaitement mais aussi la reprise du travail lorsqu’on allaite son enfant. Laura s’est notamment souvent fait interviewer avec son tire-lait, s’est postée sur Facebook en train d’allaiter son bébé et a consacré nombre de ses chroniques à ce sujet. Warrior !
- Larissa Waters
Sénatrice écologiste australienne, Larissa Waters est devenue la première femme à allaiter au Parlement en mai 2017. Le geste a lieu en pleine séance et dans un contexte un peu spécial puisque c’est un peu plus d’un an après la modification du règlement autorisant la présence de bébés et l’allaitement dans l’hémicycle. Encore un geste symbolique pour de nombreuses mamans !
- Karlesha Thurman
C’est encore un exemple mais en mai 2014, Karlesha Thurman publie une photo d’elle en train d’allaiter sa fille pendant sa remise de diplôme universitaire. Elle a alors 25 ans, et partage le cliché sur le groupe Facebook « Black women Do breastfeed » traduire « Les femmes noires allaitent aussi. » A l’époque, cela fait un tollé, de nombreux internautes trouvent le geste déplacé, trop intime mais à la fin, un large soutien militant pour la normalisation de l’allaitement émerge.
- Alison Cavaillé
Comment faire un article sur les grandes personnalités de l’allaitement sans parler d’Ali ? Chez Popote nous soutenons à 200% TajineBanane depuis ses tout-débuts… Alison Cavaillé nous avait parlé de la création de cette marque pour maman allaitante (ou non) et depuis, c’est bien plus que des vêtements pensés par et pour des mamans allaitantes mais bel et bien une gigantesque communauté de parents qui ne fait que grandir année après année. Chapeau non ?
Et parmi les célébrités…
Et oui, les peoples aussi font bouger les choses grâce à leur notoriété et leur visibilité. On peut en citer énormément mais on pense à Alyssa Milano, grande porte parole féministe de manière générale, elle n’hésite pas à démocratiser l’allaitement dans l’espace public, Ashley Graham, mannequin, mère, et figure du bodypositive, elle a partagé sur les réseaux sociaux sans filtre son postpartum et son allaitement. Mais rappelez-vous aussi de l’actrice Olivia Wilde qui s’est postée allaitant son fils, Gisele Bündchen avec son bébé au sein en pleine séance de maquillage, Rachel McAdams posant avec son tire-lait en couverture du magazine Girls Girls Girls en 2018. La liste est longue et ne cessera jamais de s’allonger, pour toujours plus de sororité !
Pour conclure, rappelons que même si l’allaitement est recommandé par l’OMS pendant les six premiers mois, le choix d’allaiter ou non est propre à chacun.e et ce, sans jugement aucun. Chaque parent choisit son chemin avec son histoire, ses raisons propres, être parent avec ou sans allaitement, c’est être parent!